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Auteur
Froment Isabelle

Froment Isabelle

né(e) en 1971, FRANCE

photographe, plasticienne, vidéaste, performer

Isabelle Froment est née en 1971. Après des études à l'Ecole Supérieure d'Art et de Design de Reims et l'obtention du Diplôme National Supérieur d'Expression Plastique (DNSEP) en 1995, elle vit et travaille à Lille.

Isabelle Froment utilise son propre corps comme matériau de base de son travail. Elle interprète elle-même des personnages ou des situations qui sont filmés ou photographiés. En règle générale, toute l'attention est concentrée sur le personnage. Dans les vidéos, les visages sont cadrés très serrés et les fonds sont noirs. Les personnages photographiés posent devant un fond blanc ou en extérieur sans effet de dramatisation.

A l'origine, ces captations vidéographiques ou photographiques étaient présentées dans des dispositifs clos, intégrées à des environnements saturés d'objets et d'odeurs où la tendance voyeuriste du spectateur était mise en jeu. Aujourd'hui, l'artiste a délibérément épuré la présentation de son travail, faisant l'expérience de l'efficacité d'une idée exprimée le plus simplement et le plus directement possible. Isabelle Froment se présente directement à nous sur un téléviseur ou en photographie. De l'ensemble de son travail se dégage une ambivalence : de la placidité à l'outrance, de la frivolité à la tension dramatique. Des constantes se repèrent -le plaisir de la mascarade alimenté par le déguisement et le maquillage et l'affleurement d'un comportement plus brutal qui requiert la mise à nu sans aucun artifice. Elle s'habille de parodie et nue, lèche, avale ou crache crûment.

Cette artiste, qui poursuit la performance et ne cache pas ses affinités pour Kiki Smith, Mike Kelley.... c'est-à-dire des artistes qui ont assimilé l'héritage de Bruce Nauman, amorce un travail tout aussi frais que percutant. On est étonné de constater à quel point, Isabelle Froment sait retenir notre attention et soutenir notre regard par des gestes et des actions très simples. Ses films en plan fixe, sans montage, attestent sa résistance et l'assurance de son jeu face à la caméra. Le visage est grimé, percuté, hagard, sans aucun temps mort.

La représentation de la femme à la fois vulnérable et résistante est ici en jeu. D'autres artistes se sont employées à révéler et à contrecarrer l'identité plurielle des femmes, orchestrée par les mass médias. Dans ce domaine, les photographies de Cindy Sherman qui s'attaquent aux représentations véhiculées au cinéma, dans la mode ou la pornographie... sont parmi les plus exemplaires. Les photographies d'Isabelle Froment ne portent pas le poids de la dénonciation, où la femme serait affichée blessée, traumatisée, marginalisée... victime. Il existe chez elle une véritable jubilation à revêtir des apparences stéréotypées de la star populaire de cinéma parodiée aux modèles de la rue outrés. Cette frivolité fait sourire cependant une autre facette de son travail où l'artiste nue se livre à la caméra, dévoile un penchant pour l'altération et la déviance qui rend cette œuvre pour le moment irréductible.

source: Mo Gourmelon

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